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1ERE PARTIE : REPERES CHRONOLOGIQUES
1939
1er
septembre : Entrée des troupes allemandes en
Pologne, début de la 2ème Guerre mondiale. La Réunion compte 221 000
habitants, dont 31000 à Saint-Denis.
3
septembre : A la Réunion comme en Métropole,
mobilisation générale à partir de 0h. Allocution radiodiffusée du gouverneur
de l'île,
Joseph
Court : "Notre nation,
debout aux côtés des pays alliés, répondra par la victoire de la conscience
humaine".
4
septembre : Mise en place par le gouverneur Court
du "Service des Échanges Commerciaux", chargé d'évaluer les stocks,
de veiller à leur maintien et leur répartition.
9
septembre : Un premier détachement de 1000
militaires prend la mer en direction de Madagascar et Marseille sur le cargo
"Ville de Tananarive".
23
septembre : Le Conseil général vote une taxe de
Défense nationale destinée à couvrir les frais de défense active et passive.
30
septembre : Publication au "Journal
Officiel" du décret nommant
Pierre
Emile Aubert, gouverneur de la Réunion, en remplacement de Joseph Court, admis
à faire valoir ses droits à la retraite.
Au
temps du maréchal (1940-1942)
1940
12
février : Arrêté du gouverneur Court réglementant
l'achat et l'abattage des bovins, ovins, caprins sur le territoire de la
colonie.
27
février : Arrivée en rade de Saint-Denis du
nouveau gouverneur de la colonie, Pierre Emile Aubert.
25
avril : Un deuxième détachement de 805
hommes prend la mer sur le cargo "Le Malgache", pour la France.
5
mai : Un troisième détachement de 1207
hommes quitte la Réunion.
13
mai : L'armée allemande envahit la France.
20
mai : Premières mesures de rationnement, un
décret du gouverneur réglemente la mise en vente des marchandises chez les
commerçants industriels, artisans, afin d'éviter stockage et spéculation.
11
juin : Annonce à la Réunion de la déclaration
de guerre de l'Italie à la France.
14
juin : Les troupes allemandes pénètrent
dans Paris. Le gouvernement français se retire à Bordeaux.
17
juin : Un dernier détachement de 356
militaires quitte la Réunion.
19
juin : Câblogramme du gouverneur Aubert au
Ministère des colonies à Bordeaux : "En parfaite communion d'âme avec
Gouverneur général Madagascar, nous avons foi ardente en une victoire finale
qu'obtiendront les Alliés, en poursuivant en commun la guerre avec appui poussé
jusqu'au dernier sacrifice de leurs empires".
20
juin : Pétition d'une cinquantaine de
signatures, envoyée au gouverneur Aubert par des personnalités de Saint-Denis,
demandant de continuer la lutte et d'accueillir à la Réunion des réfugiés de
France.
22
juin : Signature à Rethondes des
Conventions d'Armistice entre la France et l'Allemagne.
23
juin : Remise au gouverneur
Aubert
d'un message de
Lord
Halifax, sous-secrétaire d'état aux Affaires Étrangères du Royaume-Uni,
proposant au gouverneur, en échange de garanties économiques et
institutionnelles, de continuer le combat au côté des Anglais.
25
juin : Entrée en vigueur effective de
l'armistice sur tout le territoire français.
26
juin : Télégramme du gouverneur Aubert
aux maires et chefs de brigade de gendarmerie : "Devez m'apporter votre
aide pour calmer énervement certains milieux et faire cesser certaines
manifestations malencontreuses."
26
juin : Le gouverneur Aubert réunit un
Comité Directeur de l’Économie Intérieure, chargé de dresser un état des
lieux de la colonie et proposer des mesures d'urgence. La capacité de stockage
du sucre est évaluée à
60 000 tonnes, mais il manquera 200 000
sacs. Les réserves de riz sont estimées à 8 mois et les réserves de farine
à 6 mois.
28
juin : Le général de Gaulle installé à
Londres depuis le 17 juin, est reconnu par les britanniques, "chef des français
libres".
29
juin : Le gouverneur Aubert convoque une
Commission consultative de Défense à laquelle sont invitées toutes les
personnalités civiles et militaires de Saint-Denis présentes dans l'île.:
Raoul
Nativel,
Adrien
Lagourgue,
Henri
Poulet,
Anatole
Hugot,
capitaine
Plat,
Henri
Foucques,
Raymond
Vergès, Emile Hugot... Lors des discussions, des divergences d'opinion se
manifestent sur 2 points : -Faut-il ou non continuer la lutte aux côtés des
Anglais ?-. Le Gouvernement de Bordeaux est-il légal et libre ou pas ? Une très
large majorité penche en faveur de la poursuite de la lutte, mais refuse de se
prononcer sur la légalité du gouvernement de Bordeaux, faute d'informations.
Le gouverneur Aubert, pour qui cette légalité ne fait pas l'ombre d'un doute,
bloque le débat en posant la question de confiance et de l'obéissance au
gouverneur lui-même. Il obtient sur ce point l'unanimité, ce qui lui permettra
d'amarrer la Réunion au train du gouvernement du
maréchal
Pétain.
1er
juillet : Circulaire du gouverneur Aubert annonçant
à la Réunion la cessation des hostilités vis à vis de l'Allemagne et de
l'Italie.
3
juillet : Attaque par les Anglais de la base
navale française de Mers El Kébir. Violente campagne de presse anti-anglaise
dans les jours qui suivent à la Réunion.
10
juillet : Vote par l'Assemblée nationale des
pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Les deux députés de la Réunion,
Brunet
et
Gasparin,
radicaux-socialistes, ont voté "oui".
20
juillet : Création à Paris, par
Xavier
Vallat, de la Légion française des combattants.
22
juillet : Rupture des relations diplomatiques
entre la France et l'Angleterre. Les communications entre la Réunion et l'île
Maurice sont interrompues.
Ralliement des Nouvelles Hébrides à
la France libre.
30
juillet : Les Anglais annoncent le blocus
maritime de la France et de ses possessions d'Outre-mer.
Appel du général de Gaulle aux Français
de l'Empire, diffusé ce jour par la B.B.C. de Londres.
27
août : Ralliement du Cameroun et de la
presque totalité de l'A.E.F. à la France libre.
28
août : Circulaire du gouverneur Aubert
demandant aux fonctionnaires et agents de la colonie de déclarer et s'engager
à ne pas appartenir à des sociétés secrètes. Le local de la Loge maçonnique
"L'Amitié" à Saint-Denis est mis sous séquestre, puis vendu au
profit de la municipalité, 6 fonctionnaires maçons seront révoqués.
1er
septembre : Ralliement de Tahiti à la France
libre.
3
- 25 septembre : Échec des français libres
devant Dakar.
30
septembre : Création à Saint-Denis de la Légion
des combattants et volontaires de la Révolution nationale, placée sous la
direction de
Rieul
Dupuis,
René
Payet,
Gabriel
Macé.
24
octobre : Ralliement de la Nouvelle Calédonie
à la France libre.
27
octobre : Le général de Gaulle crée à
Brazzaville le Conseil de Défense de l'Empire. La Réunion n'aura pas de représentant
au Conseil avant 1943.
28
octobre : Spectaculaire évasion sur une goélette
de l'industriel
Maurice
Samat et de trois compagnons vers l'île Maurice.
Octobre
1940 - octobre 1941 : Réforme des institutions
locales.
Les maires et les conseillers
municipaux sont désormais nommés par délégation spéciale du gouvernement de
Vichy
Le Conseil privé est maintenu, seuls 2
conseillers, Anatole Hugot et
Robert
Le Vigoureux sont éliminés.
Le Conseil général est remplacé par
une Commission administrative de 7 membres, dirigée par le gouverneur.
16
novembre : Création de l'ordre de la Libération
par le général de Gaulle.
29
novembre : Circulaire du gouverneur Aubert
interdisant la réception sur les voies et places publiques des émissions radio
des postes britanniques.
3
décembre : Circulaire du gouverneur Aubert
enjoignant aux fonctionnaires et agents de la colonie qui tombent sous les
dispositions des lois portant statut des Juifs, de faire parvenir au Secrétariat
général une déclaration de leur qualité. La non fourniture de cette déclaration
entraînerait la révocation de la personne concernée à compter du 7 décembre
1940. En fait ce ne seront pas des Juifs, mais 9 agents de la colonie,
Mauriciens ou Chinois non naturalisés, qui seront révoqués et expulsés vers
Maurice en janvier 1941.
1941
28
février : Le conseil municipal de Saint-Denis
donne à la place du Barachois le nom de place maréchal Pétain. Dans les mois
qui suivent, en liaison avec une tournée systématique des communes effectuée
par le gouverneur Aubert, tous les conseils municipaux adressent des motions ou
télégrammes d'allégeance au maréchal Pétain. Dans de nombreux cas, le nom
du maréchal est donné à des rues
ou des places.
Mars
: Deux Réunionnais,
Louis-René
Bénard, de Saint-Joseph et
Auguste
Técher, des Avirons, sont distingués en Lybie, Compagnons dans l'ordre de La
Libération, par le général de Gaulle.
7
mars : Arrêté du gouverneur réglementant
la détention, la circulation, la vente et l'utilisation de la farine de froment
pour la fabrication du pain dans la colonie.
19
mars : Arrêté du gouverneur réglementant
la détention, et la vente d'huiles et de graisses minérales dans la colonie.
10
juillet : Installation à Saint-Denis d'une
Cour Criminelle Spéciale, placée sous la responsabilité du procureur
Du
Hamel et chargée de juger sans appel les délits économiques et politiques.
15
- 21 juillet : Grande manifestation de la Révolution
nationale à la Réunion : ouverture à Saint-Denis de la "Semaine de la
France outre-mer” avec messe pontificale, dite par Monseigneur
Cléret
de Langavant, allocutions, expositions, conférences. Une de ces conférences
est radiodiffusée intégralement :"L'œuvre médicale française aux
colonies", par le docteur Raymond Vergès, Directeur du service de Santé.
16
juillet : Allocution radiodiffusée de
Monsieur Henri Poulet, Directeur de la Banque de la Réunion, garantissant aux
planteurs que "la coupe se fera, le sucre sera payé".
L'ingénieur
Mondain,
Directeur de la Météo est déclassé et muté à Madagascar pour
"propagande gaulliste et anglophile".
20
juillet : Grande fête, Place du maréchal
Pétain et au Jardin Colonial, pour l'anniversaire de la fondation de la
Légion française des combattants. Bal le soir, en l'hôtel du gouverneur.
15
août : Arrêté du gouverneur Aubert réglementant
la circulation des véhicules à moteur. Seuls sont autorisés à circuler les véhicules
dont les conducteurs sont munis d'un laisser passer (carte rouge), délivré par
le Service des Échanges Commerciaux.
18
septembre : Publication des nouvelles mesures de
rationnement prises par le gouverneur Aubert et le Conseil Économique :
- distribution dans les mairies de
cartes d'alimentation pour le riz et le maïs,
- 9 000 hectares plantés en canne
doivent être recyclés, principalement dans l'Est,
- 1 000 hectares plantés en canne
doivent être exclusivement affectés à la fabrication de l'alcool carburant,
principalement dans l'Ouest,
- les 9 000 hectares libérés seront
plantés pour 7 000 hectares en maïs, pour 1 500 hectares en oléagineux et 500
hectares en haricots.
23
septembre : La Cour Criminelle Spéciale, présidée
par le gouverneur Aubert lui-même, juge et condamne à de lourdes peines, cinq
commerçants de Saint-Denis, accusés de spéculation et marché noir.
Novembre
: La Cour Criminelle Spéciale condamne
Léon
de Lépervanche, syndicaliste du C.P.R. à 3 mois de prison pour "menées
communistes et intention manifestée de vouloir quitter clandestinement l'île".
Décembre
: Création à Saint-Denis d'un Comité de
propagande Pétain, présidé par
Armand
Barrau.
Création à Saint-Denis de la Garde du
maréchal Pétain, environ 800 fidèles de la Révolution nationale, dirigés
par
Jean-Jacques
Pillet, chef de cabinet du gouverneur.
1942
19
février : L'ancien président du Conseil,
Édouard
Daladier, comparaît devant la Cour Suprême de Justice de Riom, en même temps
que le
général
Gamelin et
Léon
Blum. La défense de Daladier est brillamment assurée par Maître
Maurice
Ribet, avocat d'origine réunionnaise, né à Saint-Denis en 1895. Maître Ribet
obtient la suspension du procès le 11 avril. Devenu bâtonnier du barreau de
Paris en 1947, Maurice Ribet assurera également la défense du savant
Georges
Claude, accusé de collaboration, et la partie civile dans le procès lié au
meurtre
d'Alexis
de Villeneuve.
19
mars : Le remorqueur de Port Louis, le
"Portia", débarque à Saint-Gilles-les-Bains, un agent de
renseignement anglais,
Simpson
Jones, basé à Maurice, avec un collaborateur et 35 kilos de matériel de
transmission-radio.
26
mars : En voulant quitter la Réunion,
l'agent Jones se fait prendre sur dénonciation par la gendarmerie de
Saint-Gilles. Sa capture entraîne l'arrestation des 6 personnes qui l'avaient
aidé dans la région de Saint-Gilles. Le tribunal militaire de Tananarive saisi
de l'affaire en juin, prononce des peines relativement modérées : une
condamnation à 5 ans de prison pour espionnage, 2 condamnations à 2 ans pour
complicité et 3 acquittements.
Mai
: Publication par Jean-Jacques Pillet, chef
de cabinet du gouverneur, d'un ouvrage de 227 pages, intitulé "Entre
Nous", groupant ses bulletins de propagande diffusés sur Radio
Saint-Denis, de novembre 1940 à février 1942.
5
mai : Des troupes anglaises, comprenant
des bataillons sud-africains, débarquent à Diego Suarez : trois jours de
bataille, environ 400 morts, un sous-marin, un croiseur et 9 avions détruits.
8
mai : Câblogramme du gouverneur de
Madagascar au gouverneur Aubert signalant qu'un gros croiseur britannique se
dirige vers la Réunion, certainement en vue d'une attaque de l'île. La Réunion
est mise en état d'alerte. Dans la journée, la drague "Le Bouteville"
est coulée à l'entrée du port de la Pointe des Galets. En fonction du plan prévu
en septembre 1939, 9000 personnes évacuent Saint-Denis vers les hauteurs, la
plupart camperont dans des conditions précaires parfois jusqu'à une semaine.
30
août : A la Redoute à Saint-Denis, cérémonie
dite de "La Terre de Gergovie", en liaison avec la cérémonie organisée
à Gergovie en présence du maréchal Pétain, pour l'unité française. Des
parcelles de terre des 23 communes de l'île sont rassemblées à la Redoute en
présence des autorités religieuses, civiles, militaires, de la Légion, de la
Garde, des scouts et des enfants des écoles. Ces parcelles seront expédiées
à Gergovie.
26
septembre : Des tracts sont distribués dans des
rues de Saint-Denis par Carlos Chabot et Francis Carpin qui prennent la
clandestinité. Ils appellent les Réunionnais à ne pas résister aux Anglais.
L'imprimeur des tracts,
Hervé
Cazanove est arrêté le 27 et condamné à 3 ans de prison.
27
septembre : Réunion à l'Hôtel du gouvernement
d'un Conseil de Défense de l'île qui prend plusieurs décisions importantes :
- Saint-Denis est déclarée ville
ouverte, elle ne sera pas défendue en cas d'attaque. Les maires des autres
communes (sauf Salazie) reçoivent la consigne de ne pas résister en cas
d'invasion.
Le gouverneur Aubert, ses principaux
adjoints et une partie des forces armées vont s'installer fin septembre à
Hell-Bourg dont l'accès est fortifié.
5
novembre : Reddition sans condition du
gouverneur
général Annet de Madagascar, aux Anglais.
11
novembre : Malgré l'arrêté du gouverneur
interdisant les cérémonies publiques, une vingtaine de dames de Saint-Denis
viennent, par petits groupes, déposer des fleurs au monument aux morts. Cet
acte considéré comme séditieux, leur vaudra mille francs d'amende à chacune.
7
novembre : Les Américains débarquent en
Afrique du Nord.
20
novembre : Arrivée du contre-torpilleur "Le
Léopard" des Forces navales françaises libres à Port Louis, île
Maurice.
Au
temps du général (1942-1946)
1942
27
novembre :
23
heures : Le contre-torpilleur "Le Léopard"
appareille de Port-Louis (île Maurice) et fait route vers l'Ouest à une
vitesse de 30 nœuds.
28
novembre :
2
heures : Message du "
commandant
Richard" à l'
amiral
Somerville, commandant en chef britannique pour l'océan Indien, l'avertissant
de sa mission de rallier la Réunion à la France libre.
4
heures : Le Léopard stoppe à 500 mètres de
la pointe du cimetière et envoie 2 pirogues de reconnaissance.
4
heures 30 : Début du débarquement en 2 vagues,
transportées au débarcadère du Barachois ; la première comprend 3 officiers
et 40 fusiliers marins ; la deuxième, 4 officiers et 40 marins
5
heures 35 : Le
capitaine
de corvette Barraquin envoie un signal optique pour avertir le Léopard que tous
les objectifs sont sous son contrôle.
7
heures : Par la radio, les Portois apprennent le
débarquement des marins de la France libre.
8
heures 45 : L'émissaire du général de Gaulle
pour la Réunion,
André
Capagorry, administrateur-chef des colonies, débarque au Barachois et
s'installe à l'Hôtel du gouvernement.
8
heures - 12 heures : Une partie du Commando F.F.L.
marche vers Hell-Bourg où s'est retiré le gouverneur Aubert.
Vers
14 heures : La batterie du Port, commandée par le
lieutenant Hugot tire à nouveau en direction du Léopard.
15
heures : L'
ingénieur
Décugis, envoyé au Port pour parlementer avec le lieutenant Hugot, est abattu
à proximité d'un barrage militaire sur la route de la Montagne ; l'
enseigne
de vaisseau Moreau, qui l'accompagnait, est fait prisonnier et conduit, par des
sentiers de montagne à Hell-Bourg.
17
heures : Le Léopard s'étant déplacé vers
le Port, bombarde la Pointe des Galets. Bilan de la salve, 2 civils tués : Mmes
Rebella Diamounie et Maria Boina.
17
heures 40 : Le lieutenant Hugot responsable de
la batterie côtière du Port est blessé d'une balle de fusil Lebel en voulant
aller dégager la gendarmerie du Port. La riposte de la section Hugot tue net un
Portois, Maurice Odon, chef de train. Depuis le matin la ville du Port est en ébullition,
un Comité de Salut Public formé par Léon de Lépervanche et
Gaston
Roufli, s'est emparé de la mairie et fait monter des barricades.
18
heures : En application des consignes reçues
le 26 septembre, Emile Hugot décide de quitter le Port sur une micheline blindée
du C.P.R., avec une quinzaine d'hommes. A la sortie sud du Port, la machine ne
peut plus avancer, les rails ont été démontés. Emile Hugot, toujours blessé,
se rend à Léon de Lépervanche, venu sur les lieux, tandis que ses hommes
"fanent" dans la nature.
29
novembre :
7
heures : Monseigneur Cléret De Langavant, évêque
de la Réunion, propose à André Capagorry une médiation auprès du gouverneur
Aubert, pour l'amener à se rendre. Échec de la médiation.
23
heures : Nouvelle médiation téléphonique
de Rieul Dupuis et Henri Poulet auprès du gouverneur Aubert, qui, devant la
menace d'un bombardement des infrastructures économiques de l'île, envisage
cette fois de se rendre.
30
novembre :
12
heures : Communiqué diffusé par Radio
Saint-Denis : "Le gouverneur André Capagorry, gouverneur de la Réunion, a
le plaisir d'informer la population que le gouverneur Pierre Aubert vient de
renoncer à poursuivre une lutte inégale et fratricide. En conséquence, les
hostilités ont cessé sur le territoire de la colonie et le sang n'y sera plus
versé..."
1er
décembre : Décret signé à Londres par le général
de Gaulle, chargeant André Jean Capagorry des fonctions de gouverneur de la Réunion,
à compter du 29 novembre.
2
décembre : Premier arrêté du gouverneur
Capagorry, chargeant le capitaine de frégate Richard, commandant du "Léopard",
d'assurer la défense de l'île.
Jean-Jacques Pillet, le
capitaine
Artignan, le Procureur Du Hamel,
le
Substitut Piétri et leurs épouses sont discrètement embarqués sur Le "Léopard".
Ils seront transférés à Madagascar et internés dans un camp militaire en
attendant de passer en jugement.
3
décembre : L'ex-gouverneur Aubert monte à bord
du "Léopard" avec les honneurs militaires. Il sera débarqué à
Maurice, placé en résidence de "luxe" au "Réduit", transféré
ensuite à Alger, puis à Paris.
5
décembre : Le gouverneur Capagorry choisit un
professeur de droit public de Saint-Denis,
Eugène
Thébault, comme chef de cabinet.
10
décembre : Retour du Léopard en provenance de
Port-Louis, transportant divers produits alimentaires et 50 000 mètres de
tissus offerts à la Réunion par le gouverneur général de Maurice.
22
décembre : Circulaire du gouverneur Capagorry
demandant à tous les chefs d'administrations, chefs de services et aux maires
de faire disparaître des bureaux toutes les affiches, tracts, images,
photographies ou portraits des personnalités du régime de Vichy.
23
décembre : Le gouverneur Capagorry constitue
une commission de 5 membres chargés d'examiner les problèmes juridiques posés
par l'installation de la France libre à la Réunion.
1943
1er
janvier : Par décret du général de Gaulle,
le
général
Legentilhomme, haut-commissaire de la France libre dans l'océan Indien et le
gouverneur Capagorry deviennent membres du Conseil de Défense de l'Empire.
11
janvier : Monsieur
Roger
Duplan est nommé par le gouverneur Capagorry chef du Bureau Presse, Propagande,
Informations et Censure, en remplacement de Jean-Jacques Pillet. Il a sous ses
ordres un jeune étudiant affecté au service Informations :
Raymond
Barre.
15
janvier : Arrêté du gouverneur Capagorry plaçant
le pain sous régime de la carte alimentaire. Les particuliers ont le choix
entre 350 g (pour les + de 10 ans) et 250 g (pour les - de 10 ans) de pain, ou
riz, ou maïs, par semaine. Les cartes de rationnement resteront en vigueur
jusqu'en 1950.
Janvier
à mars : Les maires nommés par Vichy démissionnent
les uns après les autres, remplacés par des Délégations Spéciales désignées
par le gouverneur.
3
février : Arrêté du gouverneur Capagorry
portant levée de l'état de siège à la Réunion.
Mars
: Première session du Conseil général depuis 1939 ; le Conseil vote un impôt
spécial pour combler la dette de la colonie.
19
mars : Promulgation à la Réunion du décret
du général de Gaulle du 13 mars 1943 portant dissolution de la Légion française
des combattants et volontaires de la Révolution nationale et de ses groupements
annexes.
20
avril : Une Chambre de Révision siégeant à
Saint-Denis reprend les dossiers des condamnations politiques prononcées entre
le 17 juin 1940 et le 27 novembre 1942. Toutes les condamnations, mesures de
mises à pied ou rétrogradations sont annulées. Les amendes vont être
remboursées et les fonctionnaires réintégrés avec révision de carrière.
Octobre
: Le Conseil général désigne à l'unanimité
Mickaël
De Villèle, représentant de la Réunion à l'Assemblée consultative d'Alger.
23
octobre : Câblogramme n° 1249C, Capagorry
pour Alger : "Reconnaissant me faire parvenir urgence 1 000 insignes Croix
de Lorraine / Raisons politiques locales / Dépense sera supportée par colonie
/ Stop / Capagorry"
19
décembre : Visite officielle à la Réunion de
René
Pleven, commissaire aux colonies du Gouvernement d'Alger.
1944
6
janvier : Constitution à Saint-Denis de
l'Association Bourbonnaise de la France combattante. Présidents d'honneur : A.
Capagorry et M. De Villèle, président :
P.
Chatel, vice-présidents
:
Vallon Hoarau et Raymond Vergès.
13
janvier : Décès, au cours d'une opération
chirurgicale à la polyclinique de Saint-Denis, de Henri Poulet, directeur de la
Banque de la Réunion.
Janvier
- février : Le gouverneur Capagorry et son chef
de cabinet Thébault sont convoqués à la Conférence de Brazzaville.
3
février : Télégramme de félicitations envoyé
depuis Brazzaville par le général de Gaulle à l'Association Bourbonnaise de
la France combattante.
Mars
: Lancement au Port du journal "Le
Communiste" par Léon De Lépervanche et Gaston Roufli.
10
mars : Nomination de M.
Emile
Rabot à la direction de la Banque de la Réunion. M. Rabot était jusque là
chef de service à la Direction des Affaires Économiques et Financières du
Commissariat aux colonies à Alger. Il a également travaillé à l'antenne algéroise
du B.R.A.C. (Service de Renseignements) du colonel Passy.
Mai
: Lancement à Saint-Denis du journal "Témoignages",
organe de défense des sans-défense, par R. Vergès,
Orré
et
Bourdageot.
1er
mai : Grande manifestation, la première
depuis 1939, organisée au Port par l'Union générale des Travailleurs de la Réunion.
6
juin : Débarquement des Alliés en
Normandie
10
juillet : Conférence de presse du général
de Gaulle à Washington dans laquelle il annonce la nécessité de faire évoluer
les statuts des pays français d’outre-mer.
16
juillet : Le transport de troupes américain
"Salween" débarque en rade de Saint-Paul, 60 soldats réunionnais détenus
au Kenya par les Britanniques après l'opération de Madagascar. Ils sont écroués
à la prison centrale de Saint-Denis jusqu'au 27 juillet, puis amenés à
Madagascar, pour y être jugés. Le Tribunal Militaire de Tananarive se déclarant
incompétent, ils sont relâchés et pour quelques-uns incorporés dans les
F.F.L.
Août
: Formation à Saint-Denis d'un syndicat des Garçons
de Bureau.
Septembre
: La chambre civique de la Réunion (tribunal d'exception) siégeant à
Saint-Denis, juge René Payet, fondateur-directeur du journal
"Servir", Gabriel Macé et Rieul Dupuis, en vertu des ordonnances sur
l'indignité nationale d'août 1944. Ils sont acquittés.
En vertu des ordonnances d'août 1943
visant les élus et fonctionnaires ayant aidé le régime de Vichy, le tribunal
militaire de Tananarive révoque le chef de cabinet du gouverneur Aubert J.-J.
Pillet, avec maintien d'une pension. Le procureur général de l'ex-cour
criminelle spéciale de Saint-Denis, Du Hamel est mis à pied pour 2 ans.
Octobre
- novembre : Tournée de l'
Inspecteur
général Antoine, chargé de mission à la Réunion, par le Gouvernement
provisoire d'Alger. A la suite de cette mission, le pouvoir d'émettre de la
monnaie-papier ne sera plus renouvelé à la Banque de la Réunion, qui
deviendra en 1945, une simple filiale du Crédit Lyonnais.
1945
Janvier
: Création à Saint-Denis d'un syndicat
général du commerce de la Réunion par
P.
Guézé,
J.
Chatel et
Huone
Hime.
28
janvier : A l'appel de
Mario
Hoarau, 300 agriculteurs de l'Ouest réunis à la mairie annexe du Piton
Saint-Leu constituent un "Syndicat des agriculteurs de la région de
Saint-Leu.
16
avril : Note confidentielle du gouverneur
Capagorry au procureur général, président de la Chambre Civique, lui
indiquant que la propagande pétainiste à la Réunion "évita toujours
soigneusement de recommander la collaboration avec l'ennemi ou le racisme",
donc "aucun des faits survenus à la Réunion entre le 16 juin 1940 et le
28 novembre 1942, ne tombe sous le coup des dispositions de l'ordonnance du 26
août 1944" régissant les actes de collaboration. "
8
mai : Capitulation allemande à Berlin. Cérémonies
de la fête de la Victoire à Saint-Denis.
27
mai : Élections municipales au suffrage
universel : 12 communes sur 23 sont enlevées par un Comité Républicain
d'Action Démocratique et Sociale (C.R.A.D.S.), fondé par le docteur Raymond
Vergès.
Juillet
: La Cour de Justice de Paris relaxe l'ex-gouverneur Pierre Aubert et l'autorise
à faire valoir ses droits à la retraite.
7
octobre : Élections cantonales à la Réunion.
Les candidats du Comité Républicain d'Action Démocratique et Sociale
emportent 22 sièges sur 36 au Conseil général.
26
décembre : Proclamation unilatérale de l'indépendance
du Vietnam par
Ho
Chi-Minh.
21
octobre : Élections législatives pour
l'Assemblée constituante provisoire. Raymond Vergès et Léon de Lépervanche
sont largement élus députés de la Réunion. A Paris, le journal des débats
de l'Assemblée les enregistrera comme non inscrits, apparentés communistes.
26
décembre : Disparition dans un accident d'avion
en République Centre Africaine du
Prince
Vinh-San.
1946
1er
janvier : Mise en circulation du Franc C.F.A.
(Communauté française d'Afrique) à la Réunion. Le C.F.A. ne disparaîtra que
le 1er janvier 1975.
20
janvier : Le général de Gaulle quitte le
gouvernement qu'il dirigeait depuis la Libération.
Février
- avril : Le gouverneur Capagorry,
officiellement en congé de maladie, est remplacé par le
gouverneur
intérimaire Beyriès.
14
mars : Les députés
Monnerville,
de Lépervanche, Vergès,
Bissol,
Césaire,
défendent à l'Assemblée constituante de Paris un projet de départementalisation
des Antilles, Guyane, Réunion, déposé par le député Raymond Vergès. Le
projet est approuvé à l'unanimité, le 16 mars.
16
mars : Grande manifestation populaire au
Jardin Colonial, après l'annonce de la départementalisation de l'île.
Discours patriotique de
Paul
Picaud, président du Conseil général.